Que sont les Backrooms ? A24, Google DeepMind et le débat sur l’IA dans le cinéma

Les Backrooms, phénomène d’horreur né sur Internet, attirent aujourd’hui l’attention bien au-delà des communautés en ligne.

D’un côté, le studio indépendant A24 prépare un film inspiré de cet univers, réalisé par Kane Parsons, le jeune créateur qui a popularisé les Backrooms sur YouTube. De l’autre, Google DeepMind a annoncé un partenariat de recherche avec A24 autour de l’intelligence artificielle et de la création cinématographique.

Ces deux actualités ne relèvent pas officiellement du même projet. Mais ensemble, elles posent une question très actuelle : quelle place l’IA peut-elle prendre dans le cinéma sans effacer le rôle des auteurs, des réalisateurs et des artistes ?

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Que sont les Backrooms ?

Les Backrooms sont une légende urbaine née sur Internet en 2019.

Le principe est simple : une personne sort accidentellement de la réalité et se retrouve dans un espace sans fin, composé de couloirs vides, de bureaux anonymes, de murs jaunâtres, de moquette usée et de lumières fluorescentes.

L’angoisse ne vient pas seulement d’un monstre. Elle vient surtout du lieu lui-même.

Les Backrooms s’inscrivent dans l’esthétique des espaces liminaux : ces endroits de passage, impersonnels, que l’on reconnaît sans vraiment les connaître. Un couloir d’hôtel, une zone commerciale vide, un parking souterrain ou un bureau désert peuvent devenir inquiétants lorsqu’ils sont privés de présence humaine.

Pour un public français, on peut y voir une forme d’horreur contemporaine : non pas le fantastique spectaculaire, mais l’étrangeté du quotidien.

De YouTube au cinéma d’auteur indépendant

Le nom le plus associé aux Backrooms est celui de Kane Parsons.

En 2022, alors qu’il était adolescent, il publie sur YouTube une vidéo inspirée de cet univers. Son style, proche du faux documentaire, combine images tremblantes, effets visuels réalistes et atmosphère oppressante.

Le succès est immédiat. Ses vidéos montrent qu’un créateur indépendant peut construire un imaginaire mondial sans passer d’abord par les institutions traditionnelles du cinéma.

C’est ici que le choix d’A24 devient important.

A24 n’est pas seulement un studio hollywoodien. Il est surtout connu pour défendre des films à forte identité artistique, souvent associés à des réalisateurs singuliers et à des œuvres de genre ambitieuses. Son intérêt pour les Backrooms montre que la frontière entre culture Internet, cinéma d’auteur et industrie du divertissement devient de plus en plus poreuse.

Google DeepMind, A24 et l’IA créative

Google DeepMind a annoncé une collaboration avec A24 pour étudier comment l’intelligence artificielle peut accompagner la création cinématographique.

L’objectif affiché n’est pas de remplacer les cinéastes, mais d’explorer des outils capables d’aider à la recherche visuelle, à l’expérimentation narrative, à la préparation de scènes ou à certaines étapes de production.

Pour les défenseurs de cette approche, l’IA pourrait devenir un outil comparable aux effets numériques, au montage assisté ou aux logiciels de prévisualisation.

Mais cette vision optimiste ne suffit pas à dissiper toutes les inquiétudes.

Un débat sensible en France

En France, le cinéma est souvent considéré comme une œuvre culturelle avant d’être un simple produit de divertissement.

La question de l’IA touche donc directement à des sujets sensibles : la place de l’auteur, les droits des artistes, la propriété intellectuelle, la rémunération des créateurs et la protection de la création humaine.

Si l’IA sert uniquement à réduire les coûts, elle risque d’être perçue comme une menace. Si elle reste un outil au service d’une vision artistique claire, elle peut au contraire ouvrir de nouvelles possibilités.

C’est précisément ce point qui rend le partenariat entre Google DeepMind et A24 intéressant. Il ne s’agit pas seulement de technologie. Il s’agit aussi de savoir qui garde le contrôle de l’œuvre.

Pourquoi les Backrooms comptent aujourd’hui

Les Backrooms ne sont pas seulement une histoire d’horreur née sur Internet.

Elles montrent comment une image anonyme peut devenir une mythologie collective, comment YouTube peut révéler un jeune réalisateur, et comment un studio indépendant comme A24 peut transformer une culture numérique en projet de cinéma.

Avec l’arrivée de l’IA dans le débat, les Backrooms deviennent aussi un symbole des tensions actuelles entre innovation technologique et création artistique.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de savoir si l’IA peut aider à faire des films. Il est de savoir si elle peut le faire sans affaiblir ce qui fait la valeur du cinéma : un regard, une intention, une mise en scène et une sensibilité humaine.

Notes

Sources

  • Blog officiel de Google DeepMind
  • Site officiel d’A24
  • Chaîne YouTube officielle de Kane Parsons

Note éditoriale

Le partenariat de recherche entre Google DeepMind et A24 est distinct du film Backrooms développé par A24. Cet article rapproche ces deux actualités parce qu’elles illustrent toutes deux l’évolution du cinéma face aux nouvelles technologies et au débat sur l’intelligence artificielle.

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